FAUNE & FLORE
La Sauge (Salvia)
Salvia.-La sauge qui tire son non du latin salvia , "celle qui sauve", "celle qui guérit", "la salvatrice", existe sous de très nombreuses espèces.        Connue dès l' Antiquité la "sauge officinale" - salvia officinalis - cultivée dans les jardins, est consommée principalement sous forme d'infusion de ses feuilles gris-clair, allongées et duveteuses. 
On lui prête de nombreuses vertus, antiseptique, antispasmodique, calmante, bactéricide, digestive, énergétique, laxative, fébrifuge, tonique...Elle peut fluidifier le sang, enrayer les montées de lait, réguler transpiration et menstrues, soulager les maux de gorge...et stimuler la mémoire, d' où le dicton: "qui a la sauge dans son jardin n'a pas besoin de médecin". 
A consommer toutefois avec modération... 

On a fumé ses feuilles roulées en certaines périodes et elle parfume agréablement plats au porc ou volailles. 
                                                                                                                                                                   Andrée Czerny 
La sauge des prés – mécanisme de pollinisation 
En cheminant entre Alos et Itzac, Alain E., fleur en main, nous a fait une intéressante démonstration sur le mécanisme de pollinisation de la sauge des prés. 
L’appui avec un brin d’herbe rigide à la base de la corolle simulant l’action d’un insecte libère de manière mécanique les deux étamines non apparentes situées en haut dans le casque de la fleur. 
On remarque facilement cette plante en mai, juin dans les prairies, sur les talus à ses épis de fleurs à corolle bleu violet . 
La sauge des prés fait partie de la famille des lamiacés. 
Les plantes de cette famille portent des fleurs riches en nectar et 
sont notamment pollinisées par les bourdons et les abeilles (miel de lavande, romarin). Ce sont souvent des plantes aromatiques (menthe, thym, romarin, origan…). 
Cette pollinisation par les insectes a conduit la nature à élaborer chez la sauge des prés un mécanisme très particulier pour favoriser la pollinisation croisée par les abeilles entre les plantes de cette espèce. 
La fleur de sauge possède un système de balancier constitué par la liaison entre deux étamines stériles situées à la base de la corolle et les deux étamines fertiles (élément male) en haut de la corolle en forme de casque. 
Pour accéder au nectar situé au fond de la fleur, l’abeille est obligé d’appuyer sur les étamines stériles telle une palette ce qui provoque un effet de bascule et fait descendre les étamines fertiles qui déposent le pollen sur le dos velu de l’abeille qui le transportera sur une autre fleur. 
Le stigmate (élément femelle) balaye le dos de l’abeille pour récupérer le pollen déposé par une fleur butinée précédemment. 

Sur une plante les étamines et le stigmate ne sont pas à maturité en même temps pour éviter l’auto-fertilisation et favoriser la pollinisation croisée entre différents pieds de sauge.    Georges A.